Juste à côté de vous…

Je suis discrète, dans le blog, cette année. On dirait que la vie va trop vite, et que je peine à rattraper le wagon qui s’enfile sur les rails… Mais je prends le temps à présent. Ironie de l’histoire, je m’apprête à le faire à la rentrée, précisément le moment où tout reprend… Cependant, si on est logique, c’est au moment où les jours raccourcissent que l’activité devrait s’alléger ! Alors je décide de suivre le rythme de la nature. Dans cette année folle qui vient de s’écouler pour moi, j’ai posé les bases de ma nouvelle vie, et je m’occupe enfin de l’important au-delà du matériel : l’esprit. C’est un domaine sur lequel je travaille d’arrache-pied depuis des mois. Mais cette fois, je vais l’approcher par l’écriture.

Comment vous dire que ma vie a un sens bien plus profond depuis que je fais le métier que j’aime… Je reçois en effet désormais des patients dans mon cabinet, en hypnose et en shiatsu. Je ne peux vous décrire le bonheur que c’est de voir débarquer une nouvelle personne, souvent dans un état déplorable (physiquement, psychologiquement et émotionnellement : cela va souvent ensemble) et de la voir se relever au fil des séances ! Qu’il s’agisse de l’hypnose ou du shiatsu (parfois les deux en même temps), j’assiste la plupart du temps à des renaissances, la lumière se dégage petit à petit de la personne et se met à rayonner autour d’elle, souvent à son insu au début. Les patients qui viennent me voir sont prêts à faire le voyage. Ceux qui ne le sont pas annulent après le 1er rendez-vous. Remettre en question un mode de fonctionnement fait peur, c’est tellement naturel, cette résistance… Pour ceux qui osent, nous cheminons ensemble. Je suis à côté d’eux lorsque les émotions sortent, c’est parfois violent, souvent émouvant, jamais triste. Ils vont au fond d’eux-mêmes, et déterrent des trésors dans leur passé, des pépites de souvenirs qu’ils choisissent de débloquer en hypnose. Ou ils lâchent prise et libèrent des émotions et des blocages énergétiques dans le shiatsu. Dans les deux cas, ils sont présents à eux-mêmes, se traitent avec bienveillance, avancent avec confiance même s’il leur arrive aussi de douter…

J’ai souvent le sentiment d’être comme la sage-femme qui est présente lors de la naissance de l’enfant. Son rôle est d’être le garde-fou, c’est la femme et l’enfant qui font l’essentiel du travail mais elle se tient à côté, pour eux. Et c’est incroyablement gratifiant, cette lumière dans le sourire quand la personne vous dit qu’elle ne reprendra pas rendez-vous, qu’elle a fait le chemin qu’elle était venue faire… Je suis triste, un peu, de ne plus pouvoir les voir à l’occasion des séances. Mais profondément joyeuse de ce voyage accompli, de la nouvelle vie qui commence alors, et des perspectives de bonheur qui s’annoncent.  Bravo à vous tous, qui avez le courage de travailler sur vous pour devenir de meilleures personnes, plus intègres, plus libérées dans votre corps, plus aptes à laisser la lumière vous traverser pour la déposer sur les gens qui vous entourent…

Le grand moment de solitude…

Comment vous dire que, parfois, les choses s’inversent drôlement dans les familles ? Il y a cette époque des couches malodorantes qu’il faut gérer, entre deux jets de lait caillé sur l’épaule et la purée de carotte qui tapisse le sol sous la table… Les mômes, ça finit par pousser, on n’a même pas besoin de les arroser, et ça prend quelques centimètres en une poignée de mois. Jusqu’au jour miraculeux où ils sont capables de vous lancer un mam… mmamma… mmamman ! La victoire est totale ! On commence par le début, ba-be-bi-bo-bu, on prononce en exagérant chaque mot, et tout sort tout emmêlé dans la bouche de choubidou, lui-même épaté par les sons qui dégoulinent de sa bouche sans qu’il sache trop bien ce qu’ils veulent dire !

Ce temps-là… il n’a qu’un temps ! Car très vite, le débit s’accélère, le vocabulaire se précise. Et un beau jour, ils vous dament le pion ! Ils vous coiffent au poteau et vous sortent des mots pleins de doubles sens, se lancent dans les calembours et vous voilà (presque) perdue, maman mais en voie d’extinction (de voix). Car arrive le temps un peu spécial où les mômes qui ânonnaient jusque-là des mots tout simples se mettent à parler un autre langage. Et vous, en tant que maman, vous voilà totalement larguée. Je ne parle même pas du verlan : celui-là, ça fait belle lurette qu’on ne se casse plus à le traduire, on a compris le principe même si ça file souvent un peu trop vite pour notre compréhension 😉

Non, je parle du langage si abscond des jeux vidéos ! Les gars se parlent entre eux du dernier truc sur Dofus, et moi je capte que dalle ! Il faut dire que ça donne des phrases un peu sidérantes comme « le perco a chopé des kamas et ça c’est IG ». Il faut savoir que AFK ça veut dire Away from keyboard, quand le personnage, il est là mais il ne joue pas. Faut le savoir. Et vous ? Avez-vous des items à vendre en HDV ? Moi je ne sais pas, j’ai pas gagné assez de kamas alors j’hésite…

Donc les gars se parlent entre eux comme ça, devant moi. Et moi, je me ses sans doute comme eux, petits, lorsque leur père et moi on se jasait en anglais pour éviter qu’ils ne comprennent ce qu’on voulait dire : « where did you hide the peanutbutter ? » Où as-tu caché le beurre de peanut ? Parce qu’avouer la cachette secrète devant les enfants, c’était se préparer à une invasion de la marmaille pour aller taper dans le pot… Et ça, ce n’était pas pensable : le beurre de peanut, c’est réservé aux PARENTS !!!

 

Sans blague, mes enfants sont sympas, ils ont décidé de m’éduquer. Il faut les voir, patients comme le pêcheur de truite devant sa ligne, m’installant devant un ordinateur. Ils me mettent un jeu vidéo pour m’initier, et ils en choisissent un (ils me connaissent) plutôt joli, esthétique, avec de chouettes musiques et des graphismes de fou ! Ils s’amusent de me voir maladroite avec la souris, sont épatés quand j’arrive à faire bouger mon personnage, et ils semblent guetter mes progrès comme j’avais l’habitude de m’extasier devant un pas debout alors qu’ils apprenaient à marcher… Tout s’inverse, je vous dis. Ils sont bienveillants avec maman qui se met aux jeux vidéo et moi je fonds d’amour pour mes immenses chéris si tendres et qui parlent décidément une drôle de langue… Paraît qu’il faut vivre avec son temps !

Le bruit de la pluie

Déjà en mai… Et l’eau tombe, tombe et tombe encore, réjouissante et généreuse… Je connais beaucoup de gens qui s’en désespèrent. Moi, à l’instar de mon petit dernier, je l’adore ! J’ai encore dans les oreilles le bruit de la pluie qui tapait sur le pont du bateau, lorsque nous habitions dans les Caraïbes et que nous recevions comme une bénédiction cette pluie qui tombait en rideau sur le paysage. Rien ne comptait plus que ces trombes d’eau qui immobilisaient le temps et l’espace. Rien ne pouvait alors se faire sans compter sur cette eau qui s’insinuait partout. On appelait les enfants, on se jetait sur toutes les brosses que contenait le bateau, et on en profitait pour nettoyer le pont, pour profiter de toute cette eau qui tombait du ciel ! J’adorais ces scènes de remue-ménage en famille !

Alors ce soir, je rentre d’une séance passionnante (comme souvent) et j’ai envie de jouer dans les flaques. Je prends Zoé avec moi (petit chien à grandes oreilles et à la démarche sautillante, même si elle n’est pas une grande fan de la pluie !) et on part sur les chemins ! Les écouteurs sur les oreilles, je ne me gêne pas et je chante à tue tête ! Pas de doute : c’est moi qui la fais tomber, cette pluie 🙂 Mais personne pour me lancer les tomates : tous les promeneurs sont rentrés chez eux, on est toutes seules Zoé et moi à profiter des gouttes qui s’abattent sans pitié sur le paysage. J’en profite pour attraper quelques vers de terre dans un mouchoir, histoire de les faire émigrer joyeusement dans mon jardin doté d’une terre pauvre comme un jour sans pain… Et je me promène sous les gouttes sans chercher à les éviter, parcourant les rigoles qui dégringolent de la pente, essuyant celles qui dégoulinent sur le visage, et riant toute seule à ce moment délicieux et gratuit, trempée comme si j’avais sauté dans la piscine, heureuse et amoureuse… Ce soir, je suis un peu Barbara…

 

Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abimé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert, Paroles

 

J’habite avec 3 soleils depuis 20 ans…

Je les ai portés, chacun d’entre eux, avec bonheur. De les sentir dans mon ventre, c’était chaque fois une expérience à couper le souffle, dans tous les sens du terme (vu leur taille…). J’ai aimé les langer, jouer avec leurs petits pieds qui gigotaient, les embrasser dans le cou alors qu’ils étaient tout petits et qu’ils sentaient si bon… caresser la peau toute neuve et d’une douceur souple et chaude. J’ai aimé aussi les observer quand ils découvraient le monde. Petite main dans la neige, étonnement dans les yeux, juste avant la cascade de rire. Roulades dans l’herbe fraîche, main tendue vers le museau du chien ou le pelage du chat, bouche-pas-de-dents qui engouffre avec avidité le pain tout mouillé de salive. Et puis j’ai aimé quand ils se sont mis debout, sur leurs deux pattes malhabiles, pour apprendre à attraper la queue du même chien qui les reniflait truffe mouillée contre joue ronde. J’ai aimé leur courir après quand ils s’échappaient en riant pour se planquer dans les fourrés du jardin public, et les habiller en esquimaux parce qu’il faisait moins 20 dehors. J’ai aimé les enfiler en rang d’oignon sur la luge pour les amener à la garderie à trois rues de la maison, et les voir laisser les moufles traîner dans la neige pour faire des traces. J’ai aimé voir leur mine réjouie devant la neige qui tombait, et les voir soulever les feuilles d’or et de carmin pour les faire retomber en pluie à l’automne pendant nos balades en forêt. J’ai aimé ensuite les voir grandir et aller à l’école, cartable sur le dos et grand sourire aux lèvres quand ils apercevaient les copains dans l’immense cour d’école. Préparer leurs petits lunchs du midi et défaire avec eux les sacs de sport pour mettre à laver le linge sale. J’ai aimé leur préparer des crêpes, et les voir dévorer des kilos de miel qu’ils étalaient avec gourmandise sur des tartines énormes, matin après matin.

Puis est venu le temps du bateau. J’ai aimé les voir sauter du haut du cata pour apprendre à plonger, les regarder nager des heures de temps pour repérer des dollars des sables, ou construire des cabanes dans chaque île traversée, avec des branches de palmier, des noix de coco et des petits bouts de rien. J’ai aimé la fierté sur leur petit visage, quand ils étaient à la barre et qu’ils dirigeaient un bateau aussi gros d’un mouvement de main peu assuré. Les voir admirer un coucher de soleil et rire avec les copains sur le trampoline en mangeant des crèmes glacées.

Puis retour à terre. J’ai aimé les accompagner à l’école, main dans la main, et faire des randos en forêt, promener le petit chien devenu gros ensuite et après lequel il fallait courir quand il ne revenait plus. J’ai aimé sécher leurs larmes et leur faire des câlins quand les jours étaient trop lourds, ou quand ils en avaient gros sur le cœur, sans parfois savoir pourquoi. J’ai aimé les voir sortir, entourés d’amis, par la grille en fer forgé du collège. Aimé les prendre dans mes bras à chaque moment, au moment de faire la popote ou de leur souhaiter bonne nuit, pour une victoire ou une seconde de tristesse. J’ai aimé fêter avec eux leurs bons coups au collège, puis au lycée, les applaudir devant tout le monde aux remises de diplômes, et me gaver de leurs sourires quand ils gagnaient un match de tennis. J’aime me mettre sur la pointe des pieds pour embrasser les géants qu’ils sont devenus, et profiter des rayons solaires de ces sourires à fossettes dont ils ont le secret.

Aujourd’hui, ceux qui étaient des petits bouts d’hommes sont devenus des hommes tout court. Aujourd’hui, j’ai quitté leur père, mais ils sont toujours là. Debout. Et dans mes moments de peine, ils se tiennent droit. Aujourd’hui, ce sont eux qui me prennent dans leurs bras quand j’ai besoin d’un câlin, eux qui se proposent de cuisiner quand je suis fatiguée, eux encore qui pensent à me laisser à manger quand je rentre tard. Et j’aime me reposer (un peu, pas trop) sur leurs ailes déployées quand la vie est un peu pesante. J’aime les savoir solides, et fragiles tout à la fois. J’aime les voir attentifs, j’aime leur bienveillance époustouflante, leurs manières subtiles pour soulager une peine ou tendre la main. Ces enfants-là, je ne pourrai pas dire « les miens » parce qu’ils ne m’appartiendront jamais, je les aime comme au premier jour, et ne cesserai jamais de les aimer. J’aime les belles personnes qu’ils sont devenus et qu’ils ne cesseront jamais d’être. Et mes bras, je les garde ouverts pour eux, ils s’y réfugient dès qu’ils en sentent le besoin, et cela ne changera jamais.

 

Merci mes amours. Théo, Sacha, Laé. Je vous aime.

Les petites mains

Ce n’est pas le tout, d’arriver dans la grande maison qui fleure bon le feu de bois. De saluer les hôtes, toujours avenants et souriants comme un pain frais du dimanche matin. Non. Il faut sacrifier au rituel que je préfère, une fois la valise engouffrée dans la chambre. Je descends les marches de l’escalier en bois, qui fait un bruit sec à cause des semelles. Clac, clac. Petit détour à gauche. Elle a déjà presque tout préparé, comme d’habitude. Mais pas tout. Restent quelques détails, des trucs à faire à la dernière minute. Ce n’est de toute façon pas encore l’heure de manger.

Je m’installe à la petite table en demi-lune, recouverte d’une nappe en toile cirée. La cuisine qui a un mur vieux rose que j’adore, et qui est toujours si bien rangée. Où la lumière se sent comme chez elle. Je m’assois et j’attends les ordres. Qui n’en sont jamais. Ma petite tante a son menu en tête, elle connaît les étapes, et sait ce qu’il va falloir faire. C’est une artiste culinaire, qui se délecte littéralement de faire à manger et d’y mettre tout son coeur. Elle qui va jusqu’à dévorer le moindre bouquin de cuisine pour ensuite le bourrer de post-it, histoire de repérer toutes les recettes miraculeuses qu’elle aimerait tester ! Elle n’a d’ailleurs jamais assez d’invités pour faire honneur à ses ambitions gigantesques… Je me lève bien vite pour attraper l’épluche légume, un couteau, une planche. Elle y dépose quelques pommes de terre, un morceau de chorizo à découper, une tranche de citron… Commence le petit ballet : je fais les petites mains, tandis qu’elle réalise la recette. Chacune a son rôle, comme un morceau de musique bien orchestré, des notes qui se répondent. Un bouquet de coriandre à hacher dans des parfums de vert frais, un poulet à couper en fines lamelles, le tendre de quelques pommes à éplucher…

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est ce qui flotte dans l’air tandis que nous réalisons les gestes dans le bon ordre : cette discussion sur nous, les affaires courantes, les espoirs, les trébuchements intempestifs… Ces mots qui nourrissent les nouvelles qui passent entre nous en zigzaguant. On se raconte tout en débitant une carotte ou en versant le zest de citron dans le plat fumant. Pas d’effusion, juste une petite communion qui ne dit pas son nom et nous permet de nous remettre en contact l’une de l’autre. Un moment vrai, où l’amour est palpable dans les petits gestes que nous mettons à préparer ce repas que, bientôt, nous partagerons ensemble. Les petites mains, ce sont ces moments uniques où l’on se reconnecte au travers de gestes minuscules, pour partager un instant de vie.

Merci à toi, Anne, pour ces pépites de temps passées en ta compagnie…

Petite respiration printanière

En ces jours de confinement, il nous est demandé de rester à la maison. Pour autant, il est permis une petite promenade quotidienne, à titre « d’exercice ». Profitons-en pour faire un tour dehors… Histoire d’apaiser, l’histoire de quelques minutes, les tourments d’un monde qui tourne sur lui-même en boucle. Je vous l’avoue, j’ai un penchant très notable pour la pluie. D’ailleurs un de mes fils ne s’y trompe pas, qui déclame à qui veut l’entendre que le meilleur temps qui existe, c’est un temps pluvieux et venteux à souhait. Le genre de temps parfait pour… se confiner avec un bon bouquin dans un coin de sa chambre comme dans un terrier confortable ! Et cet après-midi, chance pour lui, il s’est mis à pleuvoir. Je l’ai imité et je suis sortie, seule. Ou plutôt accompagnée de mon parapluie. Grosses godasses aux pieds. A l’instar de ces moments magiques dans l’enfance de mes enfants, quand je leur intimais l’ordre rieur d’enfiler des bottes pour pouvoir… sauter dans toutes les flaques du chemin qui menait à la garderie. Ils s’exécutaient en hurlant de plaisir, et tout le monde était heureux ! Grosses godasses, donc et je m’empresse d’aller rendre visite à cette amie humide qui déverse des tonnes de flotte sur la nature environnante. Cette dernière, je l’entends qui frémit de joie à recevoir toute cette eau. Elle qui se retenait, malgré le printemps, de sortir fleurs et feuilles vertes en attendant, prudente, l’arrivée de l’indispensable rafraîchissement. La pluie arrive donc en terrain conquis, et s’insinue dans la terre pour le plus grand bonheur de tout ce qui y pousse. Et moi, je remplis l’office et je saute dans les flaques. La pluie s’invite sur le parapluie et y crépite joyeusement, cela fait comme un de ces morceaux de piano qui dansent parfois dans l’air en courant à toute vitesse. J’ai en tête ce morceau de Yann Tiersen, La Corde, de l’album Tabarly. La pluie, je la vois qui tombe en rigole lorsque j’écoute cet air magique où le piano se lance dans une course poursuite à travers les notes. Je continue mon chemin sur la petite route qui borde les champs. Sur le goudron, les gouttes sautillent et rebondissent comme des puces excitées, ou brouillent les flaques créées par les creux du bitume. On sent des relents de terre humide s’élever dans l’air et les nuages ardoise donnent une impression de fin du monde qui me dilate le cœur. C’est une liberté enivrante qui s’impose comme lorsque, sur le bateau qui nous emmenait dans une île quelconque, le vent s’engouffrait dans les voiles et nous laissait l’ivresse de la vitesse. Sur terre comme sur mer, il est possible de lever les voiles, dans la tête et dans le cœur. Un peu plus tard, c’est le soleil qui reprend la place, joue des coudes entre les nuages pour leur disputer un autre rôle dans le ciel troublé. L’horizon s’éclaire devant moi. Je m’arrête un instant devant les vaches et les veaux minuscules qui broutent dans le champ. Paisibles, elles ne trouvent rien à redire à ces rayons qui traversent le paysage, la lumière qui éclabousse la route et l’herbe à côté. Mais, décidant que le gris du ciel lourd derrière moi a des couleurs qui m’attirent bien davantage, je rebrousse chemin, d’un pas décidé. Le cœur plus léger à mesure que je marche, chaque bol d’air a le même effet salvateur sur mes humeurs, quelles qu’elles soient au départ. Je traverse le champ aux herbes hautes, abimant d’humidité le bas de mon pantalon, mais qu’importe. Je peux admirer les diamants que le soleil dépose dans chaque goutte de pluie s’attardant sur les feuilles. Les papillons d’un bleu éblouissants et qui virevoltent au gré des plantes, contents de cette trêve solaire. Il est temps de rentrer. Histoire de donner la chance de cuire au gâteau écureuil que je dois préparer avec mon amoureux de la pluie préféré…

Wake up

Voilà peut-être une semaine qu’elle venait là, jour après
jour. Flanquée de son nourrisson de quelques mois, qu’elle ne pouvait de toute
façon pas faire garder. L’enfant, un petit garçon à fossettes délicieuses,
avait un sourire permanent sur le visage qui le faisait ressembler à un ange. L’après-midi
où elle pénétra une fois de plus dans la salle qui jouxtait la salle de réanimation,
la même lumière blafarde faisait sur les murs de la pièce un voile livide qui
rendait l’atmosphère presque solide et abrutissante. Sur les chaises disposées
le long des murs, des personnes attendaient, dans l’angoisse et la solitude. Presque
les mêmes visages depuis le début. Parfois certains partaient, remplacés par
d’autres. Chacun venait traîner là son désespoir et l’atrocité de l’attente sur
ces vieux sièges désinfectés aux produits qui répandaient dans tout l’hôpital
leur puanteur antiseptique. Le bruit des souliers crissant sur le sol firent se
tourner les regards vers la jeune femme. Le bébé accroché à ses bras considéra
l’assemblée indigente et se mit à sourire innocemment à pleines fossettes.
Quelques visages s’allumèrent pauvrement à cette lumière, encore lourds de la
peine contenue. La femme ne se laissa pas contaminer par ce ballet d’émotions,
et, avisant une femme entre deux âges qu’elle avait déjà sollicitée pour cette
tâche, lui confia le bébé. Ce dernier jeta un regard rapide à sa mère, avant de
se lover dans les bras qui l’accueillirent avec soulagement. Un enfant, ça fait
passer les chagrins plus sûrement que n’importe quel baume.

Son bébé dans de bonnes mains, la femme se dirigea alors vers la pièce où les soignants s’activaient auprès des personnes qui luttaient pour leur vie. Un endroit un peu hors du temps, où les patients entre la vie et la mort reposaient au bout de leurs lits, séparés entre eux par de simples rideaux qui n’empêchaient pas les bruits de luttes, les pleurs, les ordres des médecins lors des situations critiques qui dérapaient soudain. Les lits étaient disposés en cercle autour de cette pièce aveugle, et la jeune femme se dirigea sans hésiter vers le lit qu’elle cherchait, le troisième à partir de la droite. Allongée dessus se tenait une femme dans la trentaine. Grande et belle, aux cheveux d’une blondeur étonnante, et qui semblait dormir. Pour autant, son corps amaigri était accablé de fils, de tuyaux et de perfusions. Son visage était perdu dans les profondeurs du coma qui l’empêchaient depuis des jours de revenir à la vie. Plusieurs arrêts cardiaques avaient eu raison de sa résistance et l’avaient condamnée à ce sommeil de belle au bois dormant dont elle ne sortait pas. Chaque jour, sa visiteuse se tenait ainsi près d’elle, prenant sa main dans la sienne, pour lui faire sentir qu’elle n’était pas seule dans ce voyage lointain. L’impuissance n’empêchait pas ce lien de perdurer, moment après moment. Et jour après jour, la jeune mère revenait pour témoigner à son amie qu’elle était là, simplement. Elle s’approcha du lit, et attendit comme elle le faisait toujours, attrapant la main de la belle endormie pour la réchauffer dans la sienne. Aaprès un long moment, elle se mit à lui parler. Elle chuchotait, tandis qu’autour d’elles, les soignants réalisaient les tâches habituelles, dans une atmosphère feutrée. On entendait des froissements de tissu, des bruits de compresse qu’on ouvre, des tubulures qu’on met en place, ou des ordres qu’on donne pour administrer un médicament. Mais personne pour entendre les mots que la jeune femme prononça. Des mots qui flottèrent autour de la patiente plongée dans son lointain pays comateux. Des mots qui se firent une place quelque part, qui prirent une de ces  montgolfières immenses qui montent si haut dans le ciel qu’on finit par les perdre de vue. Les phrases s’insinuèrent dans le corps et l’esprit de leur destinataire. « Tu as le choix ». « Tu peux revenir vivre, ou partir ». « Moi, je sais que tu as la force de te réveiller ». « Je sais que tu as la possibilité de choisir de revenir vers nous, et j’ai envie que tu reviennes ». « Il t’appartient de faire ce choix ». « Nous t’aimons, et nous aimerions que tu choisisses de vivre ». La jeune maman lançait ces mots comme des bouées de sauvetage, comme des mains tendues que l’autre pouvait choisir d’attraper, ou pas. Elle savait que son amie entendait, et qu’elle avait le pouvoir de décider de se réveiller. Elle espérait, en sachant que rien ne pourrait obliger son amie à le faire. Maintenant ou jamais. Mais elle continuait à caresser la main, s’attendant simplement, dans un long moment, à revenir vers la salle d’attente où les proches de ceux qui les entouraient comptaient chaque heure avec angoisse. Elle savait qu’elle finirait, comme chaque jour depuis une semaine, par reprendre dans ses bras son bébé qui nourrissait à cet instant de ses sourires les pauvres visages éteints qui ne voyaient plus la lumière du soleil depuis des jours, tendus qu’ils étaient vers l’issue de la lutte que menaient les personnes qu’ils aimaient. Elle savait cela, et l’acceptait. Ce qu’elle n’attendait pas arriva alors. Les yeux de son amie s’ouvrirent et se mirent à cligner. Elle bougea sa main, essaya de parler en regardant l’amie qui se tenait à ses côtés. La jeune femme sentit son cœur manquer un battement, et une vague de chaleur monter en elle d’un coup. Elle appela l’équipe de soignants qui se précipitèrent au chevet de la patiente, avant de s’effondrer sur un siège pour ne pas perdre connaissance. Elle partit finalement en titubant, tandis que les infirmières et les médecins achevaient de constater ce qu’elle avait déjà compris. K. avait choisi de vivre. Elle avait fait ce qu’il fallait. La jeune mère revint dans la salle lugubre avec le cœur chiffonné et abasourdi. L’enfant dans les bras, elle quitta l’hôpital avec la conviction d’avoir accompli quelque chose. Même si elle ignorait quoi exactement.

Je dédie ce post à K., qui m’a offert un jour ce moment de grâce même si, sans doute, elle n’en a pas le souvenir…

L’arche de Noé immobile

On l’a trouvée devant une maison presque en ruine, pas très loin de chez nous. C’est une maison habitée, pourtant, mais nullement entretenue depuis très longtemps. Elle était là, Radagast, tout ébouriffée de s’être perdue depuis des mois, des années peut-être. Les animaux sont comme les humains : quand ils survivent à peine, ils ne prennent plus soin d’eux. Radagast avait les poils touffus et emmêlés qui lui faisaient des boules compactes au toucher sur toute la surface du corps. D’avoir dû lutter contre le froid si longtemps, une couche épaisse s’était formée au-dessus de la peau qui, trop fine, s’étirait sur les os. Nous voyant arriver, elle se met à miauler. Un pauvre miaulement un peu éteint, comme si elle tenait là sa dernière chance avant la grande fin. Je l’ai caressée, promenant ma main sur le pelage crasseux. Elle s’est laissée faire en ondulant sous mes doigts pour prolonger le moment. Je me suis ensuite relevée, et elle s’est frottée à mes jambes avec sa queue touffue. Je me suis éloignée, elle s’est mise à me suivre. Comme un petit chien têtu. Elle nous a emboîté ainsi le pas, trottinant ensuite après nous en essayant de maintenir notre rythme, avec difficulté. Nous avons décidé que si elle tenait jusqu’au bout du chemin, nous pouvions considérer qu’elle était abandonnée. Un chat qui appartient à un endroit ne s’en éloigne jamais beaucoup. De fait, elle a tenu bon. Traînant bien un peu la patte à la fin. Mais elle a tourné le coin, et nous l’avons prise avec nous. 

Depuis trois jours, nous la remplumons, comme nous l’avons souvent fait pour les animaux que nous avons recueillis au gré des rencontres. A Montréal, avec nos chats. Puis sur le bateau, en Martinique. A Tours aussi : une gerbille et notre petite Zoé qui nous accompagne depuis. A Sainté, avec deux oiseaux, puis un chien, et maintenant Radagast ! C’est toujours un étonnement mêlé de joie que de voir un animal au bout du bout de ce qu’il peut donner, reprendre lentement des forces. Il y a toujours l’épreuve du bain, qui pour être désagréable pour l’animal, n’en est pas moins indispensable ! Mais chacun s’en accommode, comme s’il comprenait que c’est le prix à payer pour rester au chaud le ventre plein. Ensuite, quel plaisir de voir ce chat d’une maigreur effrayante reprendre un peu de chair sous la peau qui recouvre péniblement les os. Elle est restée 3 jours dans mon bureau, sans presque bouger tant elle était faible. Se nourrissant voracement, buvant beaucoup, dormant presque tout le temps. Et depuis ce soir, elle s’est mise à explorer la maison, à faire connaissance avec ses voisins de chambrée : les 2 chiens et les 2 chats. On n’est plus à une adoption près, et les autres semblent l’avoir compris. Et Zoé, qui a connu le même sort il y a longtemps, elle si agressive envers tous les animaux qui passent sur son territoire, elle semble se souvenir d’où elle est venue, et a accueilli Radagast sans faire de chichis. C’est du pur bonheur, de pouvoir offrir une petite chose aussi simple à un être vivant. On attend juste qu’il fasse un peu plus chaud, et on la débarrassera de ces poils collés entre eux et qui doivent peser davantage encore que son petit squelette tout maigre… Radagast vous embrasse, du coin de ses yeux dorés !

De retour sur le chemin de Stevenson

Pèlerinage sur un voyage d’il y a 4 ans. A l’époque, nous avions loué un âne sur le chemin de Stevenson. Je marchais au soleil ce matin en quittant le Puy en Velay, pour y retrouver ces souvenirs. Depuis mon dernier passage, ils sont en train de terminer une 4 voies près du marais de l’Ours…

Je marche sur ce chemin, et le temps est radieux. Après une petite forêt, le sentier descend vers une plaine, où une femme me rattrape. Elle approche des 70 ans, menue, cheveux gris coupés courts et sur le nez une paire de lunettes aux verres épais, cerclés de bleu. Bien vite, nous commençons à bavarder en marchant. Au croisement suivant, elle me propose :

« Ça vous tente de voir un chemin à biquettes ? La vue est superbe, et il est vraiment joli…”. Après une telle réclame, comment résister ? Je lui emboîte le pas. Ma guide aime visiblement avoir de la compagnie, et je profite de l’aubaine pour en apprendre davantage sur le coin. Ici, elle me montre les « orgues » : ces roches angulaires en tuyau qui viennent du temps où un volcan était en activité, il y a plusieurs milliers d’années. Elle me parle du pouzzolane, issu du magma et dont on voit les traces un peu partout dans la région. Je m’étonne de la forme des pins que je croise depuis le matin : ils sont tordus comme des bonsaïs géants, chétifs et déformés. Elle m’explique qu’il s’agit du pin de boulange, comme on les nomme par ici. Il y a longtemps en effet, les paysans étaient tenus par la communauté de couper leurs branches afin d’alimenter le four à pain ! Si bien qu’au fil du temps, les arbres se sont adaptés tant bien que mal à ce traitement spécial qui a entravé leur croissance…

Pin à boulange

Plus loin, le chemin redescend, et ma guide veut m’entraîner à sa suite, mais je refuse. J’ai pris ces quelques jours pour me retrouver seule, et il est important pour moi de respecter ce cercle de solitude que j’ai tracé autour de moi. C’est un rendez-vous que je prends chaque année, loin de tout contact avec mes proches ou des amis. Je pars, et j’écoute, je vis, je mange à mon rythme. Un ressourcement indispensable, vraiment. Donc je la laisse poursuivre, et je rebrousse chemin pour retrouver un endroit devant lequel nous sommes passées quelques minutes auparavant. Là où je m’assieds, c’est le silence. Ou plutôt le brouhaha de la nature qui respire : le chant des grillons, celui d’un coucou qui disperse son appel dans l’air. Je me suis assise sur des rochers couverts d’une épaisse couche de mousse, et qu’une grosse fourmi rouge peine à franchir. On sent une odeur de pin alourdir l’air ambiant d’effluves délicieux. C’est un lieu un peu spécial, avec une énergie bien  à lui. La femme qui m’accompagnait me l’a désigné comme l’endroit où elle passait parfois, quand elle était jeune. Il avait été investi à cette époque par une bande de jeunes qui y avaient installé un petit promontoire en bois, face à la vue. On voit ici et là des vestiges de cette période : une chaise en métal qui rouille au bord du chemin, quelques planches pourries encore à demi accrochées aux arbres, des ficelles en plastique décolorées qui traînent dans l’herbe… Cela me rappelle cette petite plateforme qu’avait fait construire Coluche dans son jardin de Deshaies, en Guadeloupe. Il venait y admirer la vue splendide qu’on y a sur l’océan en sirotant son apéritif, et je me souviens d’avoir senti une énergie particulière flotter dans cet endroit qu’il affectionnait. Les lieux sont parfois chargés d’une aura spéciale, d’un parfum d’immobilité qu’il est bon de sentir à petites bouffées, en prenant son temps… Et là, sur mon petit rocher moussu, je peux me remplir les poumons et le cœur en admirant la vallée en face, dominée par un château du Moyen Age sur la colline voisine. La mousse est moelleuse, grisée par le soleil sur les rochers exposés, mais d’un vert chatoyant sous l’ombre des arbres. Les pins laissent tomber cette odeur sucrée que j’adore, quand la chaleur s’invite sur leurs branches.

Cet endroit est paisible, avec les monts d’Auvergne au loin, et des arbres plusieurs fois centenaires en contrebas. Un lieu vivant, qui vibre et bouillonne de mouvements incessants et minuscules, de bruissements discrets. Je remplis posément mon puits intérieur de ces images, ces odeurs, et le jeu du soleil entre les branches des arbres. Comme si l’esprit pouvait enfin se poser, comme le papillon au terme d’un voyage de plusieurs milliers de kilomètres. Mes yeux se régalent de cette vie secrète qui s’anime. Un lézard se risque un peu plus bas sur les rochers. Il file soudain, effrayé par un bruit. Mon esprit s’étire dans cet espace de silence. C’est le moment d’être, simplement. On est, plus facilement, quand on cesse de faire. Les deux ensemble sont souvent difficiles à conjuguer.

Le jeu du “j’aime, j’aime pas”

Eh bien oui, je vous avais promis la suite des élucubrations éducatives débutées il y a quelques semaines, et elles viendront, promis !

C’est juste que ce soir, j’avais envie de me livrer à un petit exercice qui m’a traversé l’esprit dans un coup de vent : le j’aime/j’aime pas. A vous d’y ajouter vos petites idées, c’est juste histoire de…

J’aime revenir à la maison avec un meuble Ikea (n’importe lequel : compliqué ou simple, énorme ou minuscule) et observer avec une certaine béatitude mon Laé se précipiter pour le monter aussi sec. Parce que le môme, il est bilingue français-Ikea ! Monter ces meubles, se perdre dans les méandres d’un plan, choisir les bonnes petites vis parmi les millions qu’ils t’envoient pour finir le truc, c’est pour lui aussi simple que d’engouffrer un de ces sandwich aux œufs qu’il adore !

J’aime les fossettes de Théo quand il balance une vanne énorme ou bien super vulgaire. Il a alors ce rire particulier (et pas particulièrement brillant pour le coup !) avec la fossette qui se creuse largement, et c’est irrésistible.

J’aime quand Sacha joue à Concept et que tu cherches le mot qu’il essaie de te faire deviner. Tu fais des suggestions (parfois hyper débiles) et plus elles sont idiotes, plus il te regarde en hochant la tête, les yeux écarquillés, pour te faire croire que tu t’approches du but. Alors toi, tu persistes, tu te noies dans le champ sémantique du mot que tu penses être le bon, et en fait, NON ! C’est pas ça du tout ! C’est juste que Sacha, il t’enduit d’erreur, tellement que tu t’en fous partout… Et au final, tu trouves pas son fichu mot, et il est super ravi (il n’a pas encore compris le but du jeu)

J’aime pas les pourriels, et ces mails sempiternels qu’on t’envoie sur tous les sujets imaginables pour te pousser à cliquer là où c’est pas une idée, pour t’emmener sur des sites pas catholiques qui vont t’extorquer des trucs ou te refiler des virus comme un morpion s’accroche à son poil pubien…

J’aime pas constater que la résolution de Ben pour 2018 consiste à m’empêcher de dormir à 22h chaque soir… Que ce soit en rentrant de son stage à 23h, en reluquant ses cours en ligne au lit jusqu’à 22h30, en grimpant aux rideaux tout seul dans la chambre à 23h10 (pour s’apercevoir qu’au final, des rideaux, on n’en a pas encore mis aux fenêtres…) ou encore sur les coups de 22h18 en hurlant à la mort dans toute la maison parce qu’il cherche son T shirt pour dormir, celui où y a écrit dessus « C’est MOI qui commande » (parce que son T shirt « J’ai toujours raison» est dans le panier de linge sale depuis 3 jours…).

J’aime pas quand mon chien Jingko vient me voir parce qu’il veut un câlin et qu’en guise de témoignage d’affection, me laisse un long filet de bave sur le jean noir que je viens d’enfiler pour aller bosser…

J’aime lire la BD de Thomas Pesquet, quand j’imagine le trip que ça a dû être de partager pendant 48h une capsule Soyouz à 3, toutes misères confondues… Et puis j’aime cette BD tout court, parce que cela fait 3 jours que tous les soirs (vu que Ben a décidé de m’empêcher de dormir), je me bidonne en lisant les vignettes !