Tout ce qui en dépasse

look inspiré pour Moon farfelu

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Voici une arme de destruction massive inventée en vue de casser par petits coups appliqués le mur de ces perfections qui nous étouffent chaque jour un peu plus. Il s’agit de s’entraîner ainsi à sortir des mécanismes intégrés depuis l’enfance et qui nous enjoignent de ne plus risquer, d’éviter l’approximatif et le flou, de respecter toujours la règle et de fuir l’inconnu pour cultiver le parfait. Je vous sors comme ça ma petite liste personnelle et non exhaustive, à vous de rajouter vos propres armes, que je rajouterai aux miennes. Afin qu’ensemble, nous puissions vivre tous plus heureux, brouillons et décoiffés dans un monde plus poète et sans aucun doute fou et vivant.

Ne plus courir sur le trottoir, mais s’obliger à marcher derrière une vieille femme armée d’une canne pendant cinq bonnes minutes.

Ne plus suivre la recette à la lettre : s’obliger à prendre poudre de perlimpinpin et épices exotiques pour faire un mélange digne d’un conte des mille et une nuits. Déguster le résultat (même s’il faut pour cela retenir les hauts le cœur ou se pincer le nez!).

S’autoriser à ne pas finir un livre qui nous ennuie. Le planquer sur une étagère, ou alors s’en servir pour caler une table, ou le refiler à un ennemi l’air de rien.

Se lever tard sans se sentir terriblement coupable et s’avouer que c’est vachement bon!

Dire des gros mots devant les enfants, pour une fois!

Sortir une blague potache dans un dîner avec des copains, et apprécier les gloussements qui s’en suivent.

Se permettre d’être de mauvaise foi et en rire avec ceux qui en ont fait les frais.

Manger avec les doigts alors qu’on est invité. Ne pas s’en cacher. Miam!

Ne pas tondre le gazon devant la maison, malgré l’insistance persistante des voisins que ce laisser-aller dérange.

Mettre une tenue avec des couleurs dépareillées et en assumer l’effet une fois dans la rue.

Ne pas avoir vu le dernier film de Tim Burton et ne pas en concevoir de honte. Ne pas savoir qui est Tim Burton.

Jouer de la guitare comme on se brosse les dents, et en rire avec ceux qui vous écoutent.

Manger une orange à pleines dents en fichant du jus plein la table et s’essuyer les mains sur la nappe!

Aller jouer au tourniquet du parc avec les enfants et s’amuser comme si on avait deux ans.

Faire un dessin moche et l’aimer quand même.

Aller à une soirée sans être maquillée, dans un vieux jean et un pull à col roulé.

Chanter à tue tête une chanson kitsch alors qu’on va faire les courses au supermarché.

Ne pas laisser de pourboire au serveur qui s’est comporté comme un goujat fini.

Prendre 20 kilos pendant une grossesse, et garder un moment encore les 17 kilos restant en se trouvant belle quand même.

Avoir un fou rire quand bout de chou sort une blague nulle alors qu’on assiste à une cérémonie.

Faire le con avec son chat et lui susurrer des trucs ridicules.

Marcher dans la rue sans se regarder dans les vitrines des magasins ou les fenêtres des voitures.

S’autoriser à être de mauvais poil et à ne pas avoir envie de jaser avec le voisin acariâtre. Faire un élevage de moutons sous les lits de la maison et n’en concevoir aucune honte. Allez jusqu’à les nourrir à l’occasion.

Avoir les cheveux décoiffés alors qu’on va à un rendez-vous amoureux.

Ne pas savoir ce qui se passe dans le monde ni le nom de celui qui a gagné le dernier match de tennis à l’US Open. Ne pas savoir ce qu’est l’US Open.

Et puis aussi toutes ces petites choses qui nous font la vie plus rieuse. Ce qui fait qu’on ne se soucie de rien d’autre que d’être et de vivre : rire à gorge déployée, pleurer devant un film touchant, prendre quelqu’un qu’on aime dans ses bras, inviter à souper la personne qui flanche et qui a besoin de se confier, se promener seul dans la forêt au lever du soleil, partir en virée dans un quartier qu’on ne connaît pas, avancer mains dans les poches en petit pull alors qu’il fait un froid de canard et se réchauffer au coin d’un feu après, courir sous la pluie après la personne qu’on aime, faire du patin à roulettes pour la première fois, respirer et s’en rendre compte, se sentir heureux juste pour ça…

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Une réflexion au sujet de « Tout ce qui en dépasse »

  1. Merveilleux, j’adore, tout ces petits bonheurs!
    c’est eux aussi qui nous rendent uniques.

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