Dimanche 12 déc: c’est reparti

Excellentes nouvelles pour la journée (je m’arrache à mes cours d’éthique pour vous mettre au parfum!): 160 milles nautiques (mn) parcourus dans les dernières 24h, avec une vitesse moyenne de 8 noeuds (kts), ce qui n’est pas mal pour des vents de 15-20kts. Ils ont eu un épisode de pétole (pas de vent) ce matin, puis c’est reparti comme en 40. Ils naviguent sous genaker et grand voile, ou juste avec le genaker quand le vent baisse un peu.

Ben a décidé de prendre une direction plus ouest-sud ouest pour éviter une autre zone sans vent vers lundi soir, ils se rapprochent de la latitude de la Martinique, tranquillement. Il devient à peu près évident qu’à moins d’une grand chance, on ne les verra malheureusement pas pour Noël…

Vu leur retard, ils ont commencé à faire attention aux réserves : Ben a bloqué d’emblée un réservoir d’eau qu’ils n’utiliseront qu’en cas d’absolue nécessité. Sinon, ils font marcher régulièrement le désalinisateur, mais vu qu’il fonctionne au fuel, ils économisent aussi de ce côté là. Alors on limite les douches, on fait attention à sa consommation d’eau pour éviter les mauvaises surprises…

Des nouvelles de Théo puisque sa marraine en réclamait: le monsieur s’amuse bien, il travaille le matin (a fait les phrases déclaratives/impératives/interrogatives… hier), fait du français, des maths et de l’anglais. Il fait aussi des cabanes dans le cockpit avec des couvertures, ses frères lui manquent beaucoup, sinon il lit avidement son Harry Potter qu’il ne lâche plus d’une page. Et puis il participe activement aux manoeuvres, par exemple pour sortir le génois et le régler (c’est la petite voile d’avant en triangle), ce qu’il fait en utilisant la manivelle du winch et ses petits biceps musclés!

Les réserves sur un bateau

Sur l’océan, on fonctionne en autarcie, c’est à dire qu’on ne peut pas faire appel à l’extérieur pour vivre: on ne peut par exemple pas aller au supermarché pour faire les courses si on manque de nourriture, ou bien avoir accès à l’eau courante comme en ville! Résultat, on est obligé de calculer très précisément ce que l’on consomme et utilise: avant de partir, on fait l’avitaillement: ce sont les courses de nourriture nécessaires pour tout l’équipage pendant toute la durée de la traversée. Et on achète un peu plus pour des cas où, comme pour l’équipage de Lam, il faut prévoir des retards (car les vents, on ne peut pas les contrôler). POur ce qui est de l’eau, le désalinisateur permet de transformer l’eau de mer en eau douce (qu’on peut boire). Mais la machine utilise beaucoup d’énergie, qui est sous forme d’essence comme pour les voitures. Alors quand on le fait fonctionner, on s’assure que ça ne prend pas trop des réserves de fuel qu’on a sur le bateau, au cas où on aurait besoin du moteur (dans une tempête, par exemple).

La règle est simple: il faut prévoir et anticiper tout ce qui pourrait arriver, maintenir la sécurité en tout temps (avoir assez de quoi manger et boire pour longtemps, par exemple), et économiser tout ce qu’on peut (ce qu’on aura en trop en arrivant sera consommé ensuite!). Tout ça pour dire que cet été, notre désalinisateur n’a pas fonctionné parce que la mer était trop formée avec une grosse houle. Et on avait pas rempli régulièrement les réservoirs car on pensait avoir de la marge. Résultat: deux jours avant d’arriver, on s’est rendu compte qu’il fallait absolument économiser l’eau et on a même dû cesser de prendre des douches! Alors quand on tourne le robinet d’eau, une fois à terre, il faut penser à quel point l’eau est précieuse et importante: pour ne pas la gâcher, fermer le robinet quand on se lave les dents, et ne pas la faire couler inutilement!

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