Warderick Wells la belle

Ce matin, départ de Warderick Wells pour Highborne Cay, à quelques 30 milles de là. Pas de chance, encore une dépression, nous avons gagné le gros lot ! Mais attendu qu’il nous faut arriver lundi à Nassau pour déposer Anne qui doit reprendre son avion, pas vraiment le choix. Alors à nous les 25 à 30 nœuds de vent et les pluies diluviennes !
En attendant l’arrivée, quelques mots sur l’endroit le plus beau que nous ayions fait jusqu’ici dans les Antilles… Que dire de Warderick Wells… Arrivée dans une sorte de lagon merveilleux. Imaginez seulement une petite île qui s’étire le long de la côte Atlantique. On y arrive en slalomant entre les récifs de corail et les hauts fonds (tout ce qui est beau se mérite !). L’endroit est entouré de rochers qui forment avec l’île un lagon ovale. Des hauts fonds habitent le lieu, serpentant entre des langues de mer plus profondes et par lesquelles les voiliers peuvent se frayer un passage pour atteindre les bouées. Au milieu du lagon, une étendue de sable blanc recouvert par l’eau, mais dont la blancheur en fait une tache laiteuse qui contraste si joliment avec le turquoise alentour… Nous sommes tous conquis par l’endroit, et notre bouée, idéalement placée, est si proche du banc de sable qu’on pourrait presque sauter dessus depuis la jupe du bateau ! Les enfants s’aventurent sur l’eau peu profonde, jouent avec un chien qui s’ébat sur le haut fond avec un bonheur évident. Ce matin, j’y ai aperçu Bruce qui s’était avancé jusqu’au sable pour finalement s’en dégager d’un coup de nageoire. Bruce est le requin du coin. On est pas sensé nourrir les animaux sauvages, mais les gens d’ici le font pour Bruce, probablement pour qu’il ne soit pas trop agressif avec les touristes. Ou peut-être simplement parce que c’est sympa, d’avoir un requin dormeur de 3 mètres de long avec qui causer lors des longues journées de printemps ! Toujours est-il que Bruce est passé à côté de nous ce matin. Une chance, on ne l’a pas vu hier, quand on est allés voir les récifs de coraux de la place. Là encore, époustouflante visite. D’ailleurs, ils appellent ce paradis des snorkellers du dimanche le « Reef Garden ». Comme de fait, ce sont des patates de corail éparses qui poussent sur le fond comme des champignons. L’endroit est habité par toutes sortes de poissons énormes et magnifiques, pagres, mérous, poissons perroquet arc-en-ciel, des raies pastenagues qui jouent à poursuivre les plongeurs (trouille garantie, leur dard situé au bout de la queue peut vous tuer un bonhomme !)… Nous avons profité de toutes ces beautés, et j’ai pu rire en voyant la déception immense de Sacha qui, avisant les langoustes royales monstrueuses (40cm de la tête à la queue !), était horriblement frustré de ne pas pouvoir en pêcher, réserve naturelle oblige !

Le matin, nous avons fait une balade sur l’île. Un moment unique là encore, à zigzaguer entre les palétuviers, à marcher sur la roche curieuse de l’endroit, faite de creux arrondis qui se découpent le long de la mer avec des arêtes pointues. Ce petit microcosme vit au rythme des marées, abritant des espèces végétales qui survivent à la présence du sel, soit en filtrant l’eau de mer, soit en allant chercher l’eau douce dans les nappes qui se forment sous l’île… Un peu plus haut, une longue pointe de terre et de roche se termine dans l’océan, abritant cette fois des espèces d’oiseaux qui viennent nicher là. Le site est d’ailleurs fermé afin de permettre aux volatiles d’avoir un peu la paix ! L’histoire de ce coin de paradis sauvage est d’une tristesse monotone. On y trouve une fois de plus la trace de l’homme, venu là pour décapiter le lieu, pas d’autre mot, puisqu’il en a arraché tous les arbres d’une forêt qui existait depuis des lustres. Le résultat, c’est que des dizaines d’années plus tard, la nature peine encore à reprendre ses droits, l’érosion n’étant plus arrêtée par les arbres. Un peu plus loin, des « blow holes », trous qui partent de grottes battues par les vagues et qui remontent jusqu’à 20 mètres pour creuser la roche au-dessus. Un résultat rigolo à cela (mais que nous n’avons pas eu le temps d’observer, malheureusement) : à la marée montante, l’eau s’engouffre là-dedans et remonte d’un coup jusqu’à la surface, formant un jet d’eau puissant qui aurait éclaboussé Sacha et Laé qui ont mis leurs frimousses juste au-dessus ! Avant d’achever cette belle balade, nous arrivons au sommet de l’île. Là, vue à 360 degrés sur l’Atlantique d’un côté, les ‘banks’ de l’autre. Les « Banks » sont les hauts fonds qui tapissent le côté ouest des Exumas et rendent ainsi l’eau d’une couleur aussi belle et unique. Le contraste est frappant : le calme vert d’un côté, la furie bleue de l’autre. Sur le point culminant, un cadeau de nos prédécesseurs. Il faut dire qu’ici, la règle, c’est « Here, take only photographs, leave only footprints ». Même les magnifiques coquillages que laisse l’océan sont récoltés et exhibés sur des rochers, sans être emportés en souvenir. Alors les gens se sont amusés à ramasser du « bois flotté », charrié par la mer, et y ont laissé le nom de leur bateau, une date, un dessin peint dessus… Le résultat est assez désordonné, très coloré et franchement sympathique. Dommage, on avait rien sous la main, sinon on aurait volontiers laissé un bout de Lam sur ce coin de Terre !

 

 

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