Montée sportive sur Nassau…

Aujourd’hui, Anne est repartie pour Montréal. Nous étions un peu tristes de la voir s’en aller, d’autant que nous avons tous adoré passer ces 10 derniers jours en sa compagnie. Mais force est de constater que le beau temps n’a pas été de la partie! Parce que 3 dépressions en 3 semaines, ça tient du record pour nous jusque là! Surtout, les 2 derniers jours ont été plus que rock’n roll… Parce qu’après notre découverte de Warderick Bay, jour post snorkelling, on a dû précipiter notre départ, attendu que la météo annoncée pour les jours suivants était dantesque. Après avoir hésité une heure ou deux, nous avons pris le parti de rejoindre Nassau au plus vite, histoire de ne pas se mettre dans une situation trop compliquée en devant faire le trajet de 70 milles en une seule journée. Dimanche, donc, départ sous la pluie et un bon début de vent. On passera par les banks, histoire d’éviter la grosse houle qui ne manquerait pas de nous rattraper si nous passions par l’océan. Très vite, le vent monte, et on s’en tire toute la journée avec pas moins de 25 nœuds et des pointes à 35, avec des vagues de côté qui sont assez inconfortables. La fin du trajet consiste à faire 6 milles en vent de face, et on mettra à le faire les 3 heures que nous a pris le trajet pour faire les premiers 20 milles ! Si on avait mis Laé à la rame pour faire avancer Lam, on aurait été plus rapides !

On finit par se poser à Highborne Cay, un des seuls endroits des Exumas où il est possible de se mettre à l’ancre sans s’user les yeux à détecter les hauts fonds (tâche ingrate s’il en est par 30 nœuds de vent et sous une pluie battante). N’empêche, la remontée vers l’ancrage est tellement violente que Ben en perd son latin (dont il ne reste de toute façon pas grand chose) et jure à tous les vents parce qu’il a un mal fou à contrôler le bateau !

Le lendemain, une splendide surprise nous attend. Il s’avère que ce jour est un jour à Murphy. Vous savez, le sympathique mauvais sort qui s’acharne de temps en temps et qui transforme toutes les minutes en une succession interminable de crasses… Bref, on lève l’ancre en plein orage vers 6h30 du mat’, parce que la météo prévoit l’enfer sur Nassau à partir de 14h et qu’on veut arriver avant. Comme de fait, les vents montent de suite, pointes à 36 nœuds, pluie torrentielle (au moins, ça a le mérite de laver le bateau ! J’hésite presque à envoyer les enfants avec le balai brosse en avant pour aller frotter la coque…), vagues de côté qui envoient valdinguer dans tout l’habitacle notre batterie de cuisine, couverts compris… On a barricadé le cockpit en mettant les rideaux de plastique transparents, tout l’intérieur du bateau suinte l’humidité et ça commence à sentir des odeurs un peu repoussantes qui ne font rien pour le mal de cœur de Théo, vaseux sur son siège… Puis la mer devient plus grosse, malgré les îles qui arrêtent la houle de l’océan, et je mets un peu de jazz pour alléger l’atmosphère et rendre le trajet plus vivable pour Anne, qui en est à son baptême « es tempête ». Finalement, arrivée à Nassau avec une mer pas le fun du tout, mais on se cache derrière « paradise island » pour se couper de la houle, c’est déjà ça. Là revient notre ami Murphy, avec un vieux sourire sadique, car il nous faut trouver un ancrage… L’idéal serait la marina, mais Ben hésite à se taper des manœuvres dans un petit espace avec les vents de fou et… les courants de marée !!! On finit, après moultes hésitations et une presque collision avec un énorme yacht de luxe (Ben ne parvenait plus à manœuvrer en raison du vent de face et du courant… belle trouille !) par se mettre à l’ancre sur le côté protégé de la passe entre Nassau et Paradise Island. En passant, on a loupé de justesse un échouage sur LE haut fond du coin, très mal signalé et que notre GPS ignorait superbement ! Une belle journée, on vous a dit !!! Qui se termine mieux qu’elle a commencé, puisque Ben, après s’être décidé à appeler une par une toutes les marinas pour en trouver une qui nous accueillerait, finit par nous dégotter une place accessible et près de là où nous nous trouvions ! Ouf ! Reste que sa manœuvre pour nous glisser dans la place de port, avec 30 nœuds de vent et 5 nœuds de marée dans les fesses tient du grand art, voire de l’exploit. On amarre le bateau avec au moins 6 ou 7 cordages, et on l’applaudit tous des deux mains ! Le soir sera synonyme de fête au restaurant de la marina, pour célébrer cette fameuse arrivée, vider notre trouille dans les verres à bière que nous enchaînons, et terminer en beauté le séjour d’Anne, qui aura eu ce jour là un beau baptême du feu !

 

 

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