Ces tortues qu’on relâche… dans des filets de pêche…

Clifton in the blue

GPS Clifton 12.5833300, -61.4166700

Après Mayreau, les Tobagos nous offrent un joli abri pour la nuit, et nous allons ensuite nous réfugier le lendemain à Chatham Bay, sur Union Island, pour se mettre à l’abri d’un vent mal orienté. Chatham Bay, c’est une sorte de grande baie fermée, encerclée de montagnes couvertes d’une épaisse végétation. L’endroit est très sauvage, seules quelques petites maisons bordent la longue plage au fond de la baie. En fait de maisons, il s’agit de petits restos qui vivottent ici, proposant dès l’entrée des touristes dans l’endroit des menus sympas à des prix exhorbitants (mais aux Grenadines, ça fait un moment qu’on l’a compris, tout est cher !). En se promenant sur la plage, on assiste à une scène marrante. Une petite famille de locaux se prélasse dans l’eau, tandis qu’un des mômes, qui doit pas avoir plus de 9 ans, pêche à la ligne. Il attache de petits poissons sur son hameçon pour en faire des appâts, et lance le tout dans l’eau. Mais ce coup-ci, à la grande surprise de tout le monde, une frégate part en piqué pour aller chercher son petit poisson ! Elle s’envole, la prise dans le bec, et est déjà à 20 mètres au-dessus de l’eau quand elle s’aperçoit, la pauvre, que son prochain repas a comme un fil dans la gueule ! Elle lâche le tout, ce qui permet au petit gars de mouliner pour ramener son hameçon. Dommage, la manœuvre ne lui a pas attiré de plus grosse prise, sinon ce serait une technique de pêche à mettre en place, sans aucun doute !!

 

Le lendemain, nous filons vers Clifton, toujours sur Union Island. Une jolie petite ville au bord de l’eau, très simple. On passe devant le marché local, fruits et légume, et un marmouset de 7-8 ans vient me glisser la carte d’affaire de sa maman, Jenny, pour que j’aille faire un tour à son échoppe. Jenny nous concoctera des jus de fruit frais à tomber par terre. Et puis, attendu que toutes les marchandes ont des étals qui se jouxtent, nous décidons de ne pas faire de jalouses et achetons chez l’une et l’autre. Au final, c’est un ananas chez celle-ci, des œufs chez celle-là, et tout le monde nous aura vendu un petit truc.

 

Ensuite, retour aux tobaggos pour refaire le plein de belles images et de tortues. Mais nous ne trouverons pas grand chose à nous mettre sous la dent : temps gris, et puis on veut aller derrière la barrière de corail, mais trop de courant et on trouve pas la passe pour filer de l’autre côté, alors on abandonne. Finalement, on filera à Béquia le lendemain pour attendre de laisser passer la tempête. Et aujourd’hui, nous sommes partis à pied rejoindre le « Turtle sanctuary » de l’île, un centre de préservation de tortues Hawksbill, qui sont menacées d’extinction. Petit détail amusant : au début de la balade, nous sommes dépassés par des touristes français qui se rendent au même endroit que nous en taxi. Nous ne serons pas encore arrivés au sanctuaire (qui est en fait à l’autre bout de l’île !) que, déjà, nos touristes en reviennent : ils ont eu le temps d’y aller, de faire la visite et de revenir, qu’on est même pas encore arrivés à destination ! Sacha traîne la patte, et nous lui promettons un retour en taxi. Au sanctuaire, qui regroupe quelques bâtisses un rien délabrées sur le bord de la côte Atlantique, des palmiers peuplent l’endroit, quelques arbustes et des animaux de ferme. Une baraque abrite les bassins des tortues. Ici, ils les gardent jusqu’à l’âge de 5 ans pour s’assurer qu’elles auront les meilleures chances de survie. Les bébés de quelques mois sont adorables, minuscules avec leurs nageoires microscopiques ! D’autres plus âgées flottent dans des petites bassines, et les plus grosses nagent dans un petit bassin. Ces dernières se laissent caresser, et c’est même drôle d’en voir certaines faire volontairement du surplace près du bord pour continuer à recevoir nos caresses ! Ça ressemble donc pas mal à un chien, en plus coriace (rapport à la carapace) et en version waterproof. Les enfants adorent ! En revanche, je fais part à un des gars de la ferme, un ado avec une belle gueule et de grands yeux bleus, de mes questionnements quant à l’efficacité de leur méthode. Je lui raconte ce qu’on a vu à Port Élisabeth la semaine dernière, avec la tortue égorgée. Il se révolte une seconde, puis semble bien sûr un peu désabusé. Il nous raconte quand même que son grand père, qui est à l’origine de l’initiative ‘pro-tortue’, a un jour dénoncé un pêcheur qu’il avait surpris en train de dépecer une des tortues qu’il venait de relâcher dans la nature. Et le gars est apparemment encore en prison pour ça. Bref, rien n’est toujours tout blanc ou tout noir, mais ce gris-là serre un peu la gorge quand on pense au nombre d’années qu’il faut à une tortue pour atteindre une taille respectable… Nous saluons cependant ces efforts louables, et sourions lorsque des touristes nous racontent que l’ado en question a une tortue à lui qui a son âge. Certains jours, il prend la tortue avec lui (elle est devenue son petit animal domestique) et la met à l’eau, il s’agrippe alors à elle pour aller faire du snorkelling !!!

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