La vie simple à Carriacou…

Eh voilà. Pour faire contrepied à mon post précédent sur des Antilles moins accueillantes, voilà qu’on trouve une très jolie raison de se contredire ! Nous avons ainsi quitté la Martinique samedi en fin d’après-midi. La chose s’est faite sur fond de Pan Pan. Pan Pan est un message émis par un navire en difficulté. En l’occurrence, pas le nôtre : celui d’un bateau à moteur. Ces trucs là ont un gros défaut : en cas de pépin de moteur, ils n’ont plus aucun moyen de propulsion ! On voit d’ici les avantages de fonctionner à voile… Bref, notre bateau à moteur émet un pan pan, mais… par téléphone, et non par VHF, qui est le moyen de communication principal sur un bateau. Pourquoi pas. Ils préviennent par téléphone la garde côtière de Martinique, le CROSS, qui à son tour prévient les bateaux qui circulent dans la zone qu’un bateau dérive. Signalement : il s’agit d’un 36 pieds, avec à bord 3 adultes et… 5 enfants ! Ces personnes sont donc parties en mer avec des mômes, mais sans emmener une VHF, ni un GPS : on ne peut avoir leur position… Pas facile dans ces conditions de les localiser. Enfin, un bateau a fini par donner leur position GPS au CROSS, qui l’a d’emblée annoncée sur la VHF en demandant aux bateaux à proximité de leur porter assistance. Ils seraient proches de Sainte Lucie, dans le canal qui sépare cette île de Martinique. Nous nous dirigions donc dans cette direction, mais il s’est avéré que le bateau qui avait donné ces informations avait donné des coordonnées erronées. La SNSM (société nationale de sauvetage en mer) a fini par localiser le bateau en détresse bien plus proche des côtes de Martinique que de Sainte Lucie !

Bref, nous poursuivons notre route, et ça file sur l’eau. Nous aurons vers les Grenadines la plus belle traversée jamais effectuée, avec des moyennes de 7 nœuds et des pointes à 9 ! Petit troupeau de dauphins au crépuscule, et une lune pleine et argentée pour nous montrer le chemin tout le long. Si vous saviez les moments de pur bonheur que l’on peut vivre à bord dans ces moments là… Quand tout le petit monde dort en bas, et qu’on flirte avec les étoiles, le bruit des vagues sur l’étrave, le silence… Pour me tenir éveillée, j’ai regardé un petit film, en sortant le nez dehors toutes les dix minutes pour surveiller…

 

Et depuis dimanche, nous sommes à Carriacou. Petite île charmante des Grenadines. Un peu montagneuse, très végétale, des fleurs partout, des oiseaux omniprésents… Carriacou est la preuve vivante que les Caraïbes abritent encore des petits endroits paumés et pas encore abîmés par la société de consommation. Et, vous l’aurez compris après la lecture de mon dernier post, ça nous fait du bien de le constater… Carriacou, avec ses deux ou trois petites routes qui parcourent l’endroit, avec les enfants qui rentrent le soir de l’école, les petites filles avec des nœuds blancs dans les cheveux, jupette plissée et chaussettes blanches, petits gars en short et chemise immaculée… Carriacou encore, avec ses minibus surchargés qui circulent à la journée longue le long de la route, transportant des habitants pas si pressés qui n’ont même pas besoin d’acheter une voiture. Carriacou, avec des petites maisons pour chacun, pas de pauvreté crasse, tout le monde a son bout de toit solide et vaillant, et ses petites chèvres qui paissent tout autour de la maison, attachées à leur piquet. Carriacou, avec ses 7,000 habitants. Hier, nous avons marché une belle heure et demi (7km) pour rejoindre la ville où nous devions faire les procédures de douane (Hillsborough). La promenade nous a ravis, splendide et simple, nous n’avions besoin de rien d’autre. Depuis que je suis en mer, je me découvre une véritable passion pour la marche. Avouez que c’est pas banal! Le silence qui règne ici est reposant. Même les plaisanciers se font discrets, se fondent dans le paysage et dans la population. Il faut dire que pour atterrir ici, il faut aller bien au sud, loin les circuits touristiques. C’est là que se décide notre salut. Les gens qui s’arrêtent ici l’été fuient la saison cyclonique, ils vivent à l’année longue sur leur bateau, ils connaissent l’importance du silence… On y goûte avec bonheur depuis quelques jours. Et tout à l’heure, nous avons passé un moment de grâce à Paradise Beach. Une petite plage adorable nichée dans une petite baie, face à Sandy Island, un banc de sable perdu. L’eau était claire, tiède, la vue était belle, nous étions heureux, tout simplement…

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