We made it!

The Boiling Lake, Dominica

Petites nouvelles de notre coin de terre… L’autre matin, au début de notre navigation vers la Dominique, Laé épluchait soigneusement les pelures d’une banane qu’il venait de manger. J’ai pensé immédiatement qu’il tentait d’apâter Pupuce. Au cas où vous n’auriez pas vu l’ère des Glaces 4, il s’agit d’une espèce d’énorme bestiole marine qui ressemble à une gentille baleine énorme, que la petite vieille grand-mère de Sid a adoptée et qu’elle nourrit avec des fruits jetés depuis l’iceberg qui sert de bateau à la bande. Je n’ai pas encore aperçu la bibitte à l’arrière de Lam, mais vu l’application avec laquelle Laé jette ses pelures, ça ne saurait tarder…

 

Ce soir, Laé termine son premier livre un peu long: Géronimo Stilton est désormais un de ses meilleurs potes, et ça tombe bien car Lam en abrite un paquet, de ces bouquins rongeurs… Théo est plongé dans un des bouquins de la série des Chevaliers d’Émeraude, et il ne fait que continuer sur une lancée bien commencée, car il s’est tapé 400 pages en une journée, hier! D’ailleurs, je sais maintenant qu’il a passé nombre de soirées dernièrement à lui en cachette… Quant à Sacha, il s’est mis en tête d’écrire une histoire… Il est sagement attablé dans le carré, stylo à la main et le nez en l’air, et il est investi d’une mission secrète qui consiste à conter les mésaventures d’un quelconque personnage, sans doute en des temps immémoriaux, et sur un chemin semé d’embûches, de dragons verts et de lutins dévoreurs de chair fraîche…

 

Côté bestioles, on a finalement trouvé une mascotte sur Lam! Pour ceux qui nous suivent depuis le départ, vous devez savoir que c’est un sujet qui nous tracasse… On avait même pensé à une poulette, pour finalement lâcher le truc, même si la décision m’avait alors plutôt dépitée… (voir le post du 12 février dernier). Bref! Depuis quelques mouillages, nous avons remarqué un phénomène étrange… Un petit poisson chirurgien traînait à côté de notre hélice babord. Bon, ça arrive, pourquoi pas! Mais quand le même poisson a la particularité de nager à l’envers (sisisssii!), et que, de fait, on le retrouve après chaque navigation, c’est: soit qu’il est d’une persévérance à toute épreuve, soit qu’il est tombé en amour avec notre hélice, soit qu’il a un problème psychologique, ne peut plus supporter la solitude de l’océan et s’est épris de Lam. Donc, dès qu’on plonge près du bateau, on le retrouve qui nageotte, tête en bas, et qui fait des tours autour de l’hélice. En navigation? Ma foi, aucun problème! On pense qu’il se réfugie alors dans l’orifice duquel part l’hélice, dans la coque, et qu’il résiste tant bien que mal aux remous créés par le mouvement du bateau. Je l’ai surnommé Mélusine, mais c’est peut-être un mâle, allez savoir! Prochaine étape, nous tenterons de faire son portrait sous l’eau, c’est la moindre des choses pour une mascotte de compèt’!

 

Dans un autre registre, il me faut expliquer le titre de ce post… En fait, demain c’est la fin du monde, alors pour fêter l’événement, nous avions décidé de faire un truc qui sortait un peu de l’ordinaire… C’est ainsi que nous sommes partis vers la Dominique il y a quelques jours. Notre mission (et nous l’acceptions allègrement): faire une petite balade de santé qui nous mènerait… dans un lac d’eau bouillante, le fameux “Boiling Lake”! Nous sommes donc allés en quête d’un guide. Parce que se faire chauffer les foufounes, soit, mais avec un guide, on a moins de chances d’y laisser la peau;-) Bref, nous voici dans l’office du tourisme, demandant benoîtement à notre hôtesse de nous indiquer le tarif pour la promenade qui dure tout de même 6 bonne heures. Et quand on connaît un peu le terrain accidenté et montagneux de la Dominique, on devine que le trajet ne sera pas une sinécure! La madame se renseigne, passe des coups de téléphone pour nous obtenir le meilleur prix pour 5 personnes. Il faut savoir que dans cette île magnifique, l’organisation pour les touristes est parfaite. Les guides sont tous réglementés, pratiquent des tarifs similaires (après, chacun peut négocier à sa sauce) et offrent d’excellents services. Il faut donc compter les services du guide qui nous emmènera dans la montagne à l’affût du fameux lac, ainsi que le taxi qui nous conduira au départ de la balade. Le tout négocié, nous donnons rendez-vous  le lendemain à l’Anchorage Hotel, devant lequel nous sommes amarrés. Nous faisons la connaissance d’Alvin, un jeune gars bien bâti qui nous guidera dans les terres féroces habitées de dangereux oppossums et de perroquets enragés. On embarque dans le taxi, avec nos provisions de nourriture à gogo (fruits secs, amandes, de quoi pique niquer une fois en haut), ainsi qu’avec environ 1.5 litre d’eau par personne et nos maillots de bain (on nous a promis des baignades en route).

L’ascension commence une demi heure plus tard, dans la forêt tropicale. Arbres immenses, lianes qui pendent de tous côtés, majestueuses fougères arborescentes… Tout y est. Nous nous régalons des odeurs d’humidité et de terre, de végétation suintant de rosée et de mousse tapissant le moindre tronc. La forêt est assez silencieuse, à peine quelques oiseaux qui s’appellent discrètement, le vent dans les branches, nos pas sur le chemin… Sur le sentier, des bûches un peu fatiguées sont disposées de façon à former une sorte d’escalier interminable. Ça monte, mais plutôt moins que sur la montagne Pelée, notre dernier exploit familial d’il y a quelques mois. Les enfants s’amusent à courir devant Alvin et n’en perdent pas une miette. Beaucoup plus haut, après une heure et demi d’ascension, nous arrivons sur un petit plateau qui domine la mer. Vue époustouflante à 360 degrés. Pour ceux qui ont vu Pirates des Caraïbes (le #2), les montagnes présentent un paysage aussi spectaculaire, avec les montagnes couvertes de végétation qui s’enfoncent dans la forêt, et l’océan à l’infini de l’autre côté. Je ne me lasse pas de ces horizons, de ces couleurs, entre terre de sienne et vert moussu… Après cette pause bien méritée (on est arrivés à cet endroit en nage, compte tenu de la rude côte qu’il a fallu se taper pour y arriver…), ça descend! Mais on ne s’en réjouit pas trop: tout ce qui est à descendre à l’aller sera à remonter au retour! Quelques centaines de mètres plus bas, c’est la vallée de la désolation. En la voyant, je me dis que la lune doit bien ressembler à quelque chose d’approchant. C’est un peu émouvant (pas trop quand même) de se savoir au-dessus d’un volcan. Car le sol est recouvert d’un jaune verdâtre caractéristique du soufre, de cailloux volcaniques, et de petits ruisseaux y serpentent, parfois réchauffés par l’échappement de gaz. De fait, on aperçoit un peu partout des fumées qui sortent de la pierre, comme si on se trouvait sur un foyer géant… Les mômes n’osent plus trop courir, du coup, et on regarde où on met les pieds. Après trois bonnes heures de marche intense, nous atteignons enfin le fameux lac. Il bouillonne, c’est vrai. Un bouillon blanchâtre qu’il vaut mieux éviter de voir de plus près. En fait, cette eau est réchauffée par l’échappement de gaz issus d’une couche de lave sous terre. Un autre lac de ce type existe dans le monde, il est en Nouvelle Zélande. L’eau y est à plus de 100 degrés! Un guide imprudent s’en souvient encore, lui qui y est tombé il y a 3 ans. Alvin nous raconte qu’heureusement pour lui, il a pu arrêter sa chute près des berges et ne s’est brûlé “que” les jambes. 6 mois d’hôpital plus loin… il a repris le travail de guide, mais plus pour cette balade… Notre retour se fit lentement… Les côtes à remonter étant plus rudes, vu que nos pauvres muscles réclamaient un repos qu’on leur refusait obstinément. Pour autant, après un moment de fatigue, les enfants se sont remis à monter avec énergie. Moi, je les regardais et j’avoue, j’hallucinais de les voir aussi endurants! Ils ont même damé le pion à quelques adultes sur le parcours! Sur le chemin, petite baignade improvisée dans une baignoire naturelle d’eau chaude. Un délice. Et à la fin de la balade, plongeon dans l’eau fraîche d’une cascade: Ti tou gorge. Un autre endroit où les pirates des Caraïbes ont atterri en se faisant tirer dessus par des indiens déchaînés. On redécouvre les lieux en nageant avec bonheur. Un vrai décor de film, en vérité. Nous laisserons donc Alvin avec force remerciements, et des souvenirs de forêt et de volcans bouillonnants plein la tête. Et ce matin, le reste de la balade s’est matérialisé au lever: des courbatures épouvantables! Il était temps de lever l’ancre!

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Une réflexion au sujet de « We made it! »

  1. Très impressionnant!!!
    Nous pensons fort à vous.
    Nous avons récupéré David, en pleine forme ma foi, et belle maman

    Bises chaleureuses

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