Départ à l’aube


Réveil qui sonne. Il est 6 heures. En soulevant les rideaux, on aperçoit le jour qui commence à se lever derrière les montagnes qui bordent St Pierre, où nous sommes amarrés depuis deux jours. On s’habille, l’air est tiède, un peu froid (à mon goût), l’eau est un miroir où viennent se mirer quelques nuages épars et le bleu-mauve pastel du ciel, aube oblige. On lève l’ancre dans ce paysage qui se réveille doucement, moteurs qui ronronnent, on quitte le mouillage. Un peu plus loin, Ben lève les voiles, on part pour la Dominique. Ce matin fait partie de ceux que j’aime. Quand on décide de partir, et que rien ne nous retient, si ce n’est le temps. Hier, en allant faire la douane à St Pierre, on a choisi un peu au pied levé de passer une journée de plus sur place. C’est un des côtés de la voile qui m’attire, cette liberté d’aller et de naviguer au gré du vent, sur un coup de tête parfois. Alors nous voici quittant enfin la Martinique, après presque 3 semaines depuis notre début de tour du monde.

Un peu plus tard: arrivée en Dominique, après une traversée plutôt pépère compte tenu du bazar que c’est habituellement de traverser les canaux: du vent et de la vague. On s’est contentés d’avoir du 15 noeuds avec 1.5 à 2m de vagues, ce qui est plus qu’honnête. Bien sûr, boat boy à notre arrivée, il a monnayé la bouée qu’il nous a louée, puis nous a proposé le trip touristes d’emblée pour demain. Négociation terminée, nous irons demain voir les Trafalgar falls et un jardin botanique local. Visite de Roseaux, capitale de la Dominique. Couleurs vives, rues propres et vieilles bâtisses assez bien entretenues (beaucoup mieux qu’en Martinique en tout cas), ruelles bondées de monde, des gens qui sourient, musique de rasta dans les rues, marchés un peu partout, vendant des bébelles pas cher, des vêtements ou des tissus colorés. L’île semble déborder de nature sauvage et impérieuse qui s’insinue dans les moins pans de murs, elle est partout et règne en maître incontesté ici. On rase les voitures qui circulent à peine dans l’encombrement ambiant, on finit par atterrir au marché de fruits et de légumes, quelques commerçants nous hèlent au passage, ambiance bonne enfant, on négocie un peu par ci par là. Une vendeuse de pamplemousse, elle en a quelques uns sur une vieille table en bois, étalés devant elle. Elle a un sourire édenté magnifique et avenant, un visage buriné par le soleil et plissé de rides. On tombe d’accord sur un prix, je lui demande alors de me les choisir (elle aura la main sûre et experte, moi je n’y connais rien en pamplemousses énormes jaune et vert), et elle me gratifie d’un sourire d’une fierté et d’une gentillesse indescriptibles. Une fois sur le bateau, on étrenne un pamplemousse: elle ne s’est pas trompée, il est absolument délicieux, juteux et sucré!

À bord de Lam, l’ambiance est à l’amélioration. En effet, depuis notre arrivée, les enfants ont des comportements qui varient d’un jour à l’autre, naviguant entre l’option : “charmant et serviable” à l’option “je chiale pour tout et j’envoie paître le monde tout en réclamant des crèmes glacées”. Pas fort… Dur aussi pour le moral des parents. Sans compter que les efforts pour les devoirs ne sont pas toujours très impressionnants, il y a parfois de l’électricité dans l’air et des baobabs dans la main qui poussent comme du chiendent!! Alors on a remis les pendules à l’heure cet après-midi, et manifesté notre ras le bol (en cas de grève des parents, ça va faire mal!). Conclusion, ils semblent avoir compris et ont promis qu’ils allaient coopérer un peu plus à présent. Qui prend des paris???

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