Tintamare ou le bruit des baleines

Aujourd’hui, Théo a 11 ans ! Je n’en reviens pas d’être la maman de ce grand gars souriant et volontaire. On vient de fêter dignement l’événement, à coup de chipolatas grillées au barbecue, sur la musique d’Indochine (groupe que Théo vient de découvrir et qu’il adore). Les gars ont même terminé la soirée se baignant à poil pour sauter du bateau dans l’eau d’une transparence de piscine. C’était d’ailleurs splendide, avec la lune qui se reflétait dans le fond, on y voyait presque comme en plein jour. On a tenté une soirée en amoureux avec Ben ensuite, après avoir couché les enfants mais, à peine installés à un des seuls resto-bars de la place – vide de monde et d’ambiance – Théo nous a appelés sur le talkie-walkie : Sacha venait de rendre son repas…

Souvenir gigantesque d’hier en revanche, puisqu’à Tintamare, nous avons retrouvé nos copains de Petit Piment (Karine et Fred, ainsi que leurs enfants Tom et Luna). Avec eux, nous sommes partis le matin faire le tour de l’île. Longue marche le long de l’eau, sur d’énormes galets et tas de coraux morts rapportés par la mer. Avec aussi, à notre étonnement désappointé, des quantités de déchets et de bouteilles de plastique… Puis soudain, alors que nous nous étions arrêtés pour admirer la vue, d’énormes formes sombres s’élancent dans l’air au loin, pour retomber lourdement dans une gerbe d’eau… Des cachalots ! En pleine pêche, visiblement, ils chassaient les bancs de poissons et, les prenant à revers, faisaient monter verticalement leurs énormes carcasses la gueule grande ouverte pour en prendre un maximum… Scène rare et émouvante qui nous a vraiment saisis. Nous restons là, à les observer de loin, jusqu’à ce qu’un zodiac de touristes les coursent et les fassent fuir. Dommage. Plus loin, paysage un peu lunaire sur la falaise, mangée de rocaille aride et d’herbe maigrichonne. Quelques cabris décampent en nous voyant. Puis nous sommes un peu pris au piège : pas moyen d’avancer à moins de s’engager dans un maquis épais aux buissons épineux. Nous décidons de tenter le coup, nous apercevant que la plage où sont mouillés les bateaux est pas mal plus éloignée que nous le pensions. Fred et Karine quant à eux prennent le parti de longer la falaise. Le dernier arrivé paie l’apéro. Après un long moment passé à lutter contre les buissons, à attendre Sacha qui se battait de droite et de gauche pour protéger ses petits mollets des griffures et à encourager les deux autres, nous débouchons nous aussi le long de la falaise, qu’il va falloir descendre si on veut rejoindre le bord de l’eau, plus praticable. Fred et Karine sont là, avec leurs enfants, et profitent d’une petite plage pour se baigner dans les rouleaux amenés par l’océan (c’est nous qui paierons l’apéro !). Ni une ni deux, on s’y met derechef, pause bien méritée. Puis on reprend la route le long de l’eau, tachant de ne pas glisser sur les rochers lavés par les vagues, jusqu’à atteindre une large anse. Magnifique endroit, quelques énormes rochers défient la mer à quelques pas du rivage, dont la base érodée par l’eau fait penser à d’énormes champignons. L’eau est d’une clarté d’aquarium, turquoise et bleu clair, le sable fin et blanc… Escale aquatique obligatoire dans ce lieu féerique. Puis mon homme se met en quête d’un passage pour rejoindre le mouillage, toujours éloigné, avec l’idée de venir nous chercher en annexe. Fred quant à lui part aussi, mais à la nage cette fois. Finalement, une petite demi heure plus tard, voilà Ben qui revient pour ramener chacun à son bateau respectif.

Pour clore cette journée incroyable, nous irons faire un tour en fin d’après-midi dans les coraux qui longent le mouillage. Et là, Ô surprise, ils sont colorés, pètent la santé, et font vivre quantité de poissons d’une belle taille. Il n’y a pas à dire : les réserves naturelles, ça a du bon ! On voit tout de suite la différence. Parce qu’ailleurs, les coraux ressemblent à des vieillards fatigués qui ont à peine de quoi nourrir un banc de petits poissons. Couleurs passées et développement ralenti. Non, à Tintamare, c’est beau et ça respire la santé. En plus, avoir des tortues pour voisines de mouillage, c’est quand même plus poétique que les séchoirs à poulette (comprendre petits bateaux à moteur avec les poulettes blondes en avant) qui ont défilé toute la journée jusqu’à 16h !

 

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