Arrivée aux Bahamas

Ce matin, tentative pour reprendre la nav vers Georgetown après une escale forcée à Great Inagua. L’île est grande, par rapport à ses petites sœurs des Bahamas. Il reste que c’est plat comme une galette (protection anecdotique contre les vents…) et que la végétation est peu présente, battue par les vents et les embruns. Ici, les gens vivent au ralenti, l’activité économique y est à son minimum. Des pick up énormes transportent les locaux, qui seront nombreux à s’arrêter pour proposer leurs services à notre petite famille marchant sur le bord de la route. On débarque au ‘general store’ pour voir ce qu’on peut acheter en nourriture, et, sur le pas de la porte, Ben demande à une femme où sont les services de douane et d’immigration. Elle prend d’emblée son téléphone portable, leur envoie un SMS pour leur indiquer notre arrivée. Ensuite, on commence à marcher dans les rues à moitié désertes de ce samedi matin. Vieilles baraques mal entretenues, blancheur éblouissante des murs sous la chaleur écrasante, la route poudroie tandis que le soleil blanchoit… Ici, les ouragans font des désastres tous les ans. Une pitié. Alors les gens de l’île passent leur temps à reconstruire, quand ils ne sont tout simplement pas fatigués de ces efforts assez vains… Il reste que nous dégottons quelques chantiers de constructions qui semblent vaguement à l’abandon. Au loin, le vrombissement continu de la centrale thermique qui fournit pour tout le coin de pays.

Finalement, un autre gros pickup nous dépasse soudain : « Are you looking for immigration services ? ». Et voilà. La demoiselle avec son SMS a rameuté la garde locale, et nous voici dans le pickup qui nous amène aux services d’immigration tant cherchés. On nous avait dit qu’ils étaient pourtant fermés le samedi, mais en fait, ils se déplacent à la demande ! Efficacité et gentillesse en prime !

Nous resterons plusieurs jours à cet endroit, attendu qu’une dépression nous cloue sur place, avec des vents (au mouillage) qui atteignent les 30 nœuds… On imagine les vagues que cela doit produire au large… De toute façon, la pause est bienvenue, étant donné que Ben traîne une grippe attrapée plus tôt aux îles vierges, et qu’il a malgré tout fait ses quarts de nuit sans broncher, alors même qu’il était inapte à la tâche ! Tout le monde en profite donc pour s’adonner à une activité qu’on a pas faite depuis le début de ce tour du monde : NE RIEN FAIRE !!! On fait cocooning à volonté, ça nous rappelle le Canada des tempêtes de neige, quand on ne peut rien faire d’autre faute de pouvoir sortir. L’eau est miraculeusement transparente, les couleurs ici nous sidèrent tant elles sont improbables. Des tons dans les camaïeux de bleus se déclinant sur toutes les lumières imaginables. C’est le temps de faire des crêpes et de regarder des films, alors on s’en donne à cœur joie et on s’endort à coup de siestes qui s’étirent en longueur. Bonheur !

Mais ce matin, donc, tentative de repartir pour être à Georgetown à temps pour accueillir notre amie Anne, à qui on a finalement demandé de se rendre directement là-bas et  non à Nassau comme prévu initialement. Ça nous épargne 24h de navigation et sachant que le temps n’est pas fameux, on se préserve des catastrophes. Car il n’est rien de plus dangereux que de prendre la mer avec des impératifs d’horaire. On a donc rebroussé chemin, en raison des 25 nœuds de vent entre autre, mais surtout parce que les grosses vagues désordonnées que Lam prenait de côté (allure de travers) faisait dangereusement vibrer les haubans, menaçant du même coup notre mât, qui n’aime pas les chocs trop sévères. Ben a jugé plus prudent de remettre la navigation au lendemain, plutôt que de subir ces mouvements pendant les 20 prochaines heures… Ça nous prend plusieurs heures pour rejoindre Man of War Bay, dans un autre coin de Great Inagua. Là aussi, eau merveilleusement turquoise et transparente. Nous sortons masques et tubas pour vérifier si les patates de corail alentour sont assez basses pour laisser Lam passer sans s’écorcher au mouillage. Et là, stupeur. Le corail est magnifique, les poissons énormes. Ça ressemble à une nature intouchée et qui prolifère de l’absence des humains. Car l’endroit est loin d’être fréquenté, exposé au vent et aux ouragans, dénuée de toute route et de maisons. Sauvage.

 

 

 

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