Double coup de chapeau

GPS 20.5755 -73.4093

Depuis Shroud Cay, nous sommes descendus tranquillement vers Georgetown, avec une escale évidente et obligatoire à Warderick Wells, notre endroit préféré. Là, nous avons retrouvé totalement par hasard nos amis Canadiens de Raftan, avec qui nous avons partagé nos expériences sur les Bahamas. Et là aussi, nous avons retrouvé Miaouss, un bateau copain que nous avions vite aperçu à Saint Martin, mais sans faire vraiment connaissance. Ils connaissaient plusieurs de nos amis d’alors, notamment Iod’l, alors il était tout naturel que cela finisse autour d’un bon plat des familles sur Lam ! On a vraiment accroché avec cette chouette famille d’Antibes, en France. Christophe est sur le point de ramener le bateau en France avec un ami pour traverser l’Atlantique, tandis que Marie Suzanne et deux de leurs mousses – Xavier et Sophie – rentreront en France par avion (mal de mer non inclus, c’est quand même pas négligeable comme avantage !). Bref, une belle soirée improvisée que nous avons savourée en leur compagnie en même temps que l’excellent Côtes du Rhône qu’ils avaient eu la bonne idée d’amener avec eux ! Ensuite, descente sur Georgetown, contre les vents dominants et en passant par l’océan. Mais finalement, une belle voile par petit temps, nous avons vite fait le trajet. Dernier avitaillement à Georgetown, dont nous aimons bien le mouillage et l’ambiance. Et mardi matin, nous sommes partis de Georgetown pour 10 jours de traversée (peut-être plus, on ne sait pas encore) vers les Îles Vierges. On sait que la route ne va pas être facile. Pour preuve, tous les guides nautiques spécifient qu’il faut être un peu fou pour faire la route dans ce sens là ! Et c’est vrai que c’est culotté de se taper du vent de face pendant des jours avec des courants dans le mauvais sens. Mais bon, pas le choix ! En attendant, on est dans la meilleure saison pour le faire, puisque les alizées sont plus faibles en ce moment. Mais on a commencé dur en sortant de Georgetown, puisqu’on a eu une nuit de vents de face avec des vagues très courtes et au moteur, ça tapait dur… Pas marrant. Surtout lorsqu’on doit faire des quarts de nuit et que les moments de repos sont troublés par les bruits des vagues sur la coque. Aujourd’hui, on est à Great Inagua, escale que nous avions bien aimée à l’aller pour le calme du coin, et la gentillesse des gens. Premier coup de chapeau. Car nous avons eu un coup de cœur pour ces gens prévenants, simples, et d’une gentillesse affolante. Ce matin encore, la dame de la station essence nous a laissés faire de la monnaie au magasin du coin et a bien voulu garder les bidons que nous venions de remplir jusqu’à notre retour. Mieux, elle a amené les bidons jusqu’à notre dinghy pour nous éviter le voyage à pied ! On a depuis presque deux mois été touchés par le flegme et la générosité des gens d’ici. Un gros merci pour cet accueil dont nous nous souviendrons. Deuxième coup de chapeau. En arrivant à Matthewtown, à Great Inagua, ce matin, nous avons aperçu une demi douzaine de vieux gréements. On croit d’abord à une régate, ou à une manifestation de bateaux. En s’approchant de plus près, on se rend compte que ces bateaux sont en fait de vieux sloops mal entretenus, très rudimentaires et qui semblent bricolés pour tenir encore sur l’eau tant bien que mal. Plus tard, en allant en ville, on les croise et on salue de la main leurs occupants. De jeunes hommes noirs dans la trentaine robuste qui se reposent sur les ponts sous une chaleur écrasante. Ils semblent attendre, mais quoi ? En arrivant dans le vieux port, on aperçoit des américains en uniforme – probablement des gars de l’armée américaine – qui contrôlent le contenu de centaines de cartons qui jonchent le pont d’un vieux raffiot à quai. Notre madame de la pompe à essence nous apprend alors que ces denrées et produits de première nécessité que contrôlent les gars de l’armée vont être acheminés à Haïti par les bateaux aperçus devant le port. C’est apparemment une chose qui se produit souvent. Ces gars viennent dans ces bateaux de fortune pour récupérer des denrées et des meubles, tout ce qui peut être récupéré, afin de les ramener en Haïti. Nous avons vu, près du port, un conteneur sur lequel étaient empilés des vieux matelas, quelques vélos, des objets donnés. Une belle preuve que les objets collectés dans les pays occidentaux arrivent à bon port… malgré des détours parfois longs ! En les saluant au moment de notre retour sur Lam, nous avions tout de même un serrement de cœur à l’idée de l’état de dénuement dans lequel se trouvent les Haïtiens en ce moment…

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